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par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com

 Publié le 1er septembre 2006

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Africamaat vs Toutankharton : Révéler les astuces des falsificateurs

Un forum publié sur le site toutankharton tente une nouvelle fois de traverstir les faits. Mettons donc une nouvelle fois les pendules à l’heure de la vérité historique !

Africamaat vs Toutankharton : Révéler les astuces des falsificateurs

La présence du site africamaat est loin d’être passée inaperçue sur le web. En effet, si les sites d’égyptologie avaient coutume d’éluder la question des racines africaines de l’Egypte ancienne, nos nombreux articles sur la question ont sonné la fin de la récréation !

Reste que le site Toutankharton, dans une dernière tentative désespérée, veut encore sauver les meubles alors que l’incendie Cheikh Anta Diop a déjà tout brûlé. Nous allons donc rallumer le lance flamme de la vérité historique en direction de ce site !

Inutile d’y aller, ci-joint leurs déclarations !

1- Les arguments fallacieux du site toutankharton ?

Dans un article consacré au site africamaat et intitulé « l’Origine des Egyptiens », les animateurs de toutankharton tentent de prouver que le site africamaat est d’une part « raciste » et d’autre part, un repère de « menteurs ».

Quels sont leurs arguments contre le site africamaat ?

Il faut resituer un peu ce site (africamaat) car c’est de là que tout est parti. Il est qualifié d’afrocentriste, et ses contributeurs de panafricains. Ce sont en partie des gens qui développent des thèses racistes et tentent de prouver que l’Afrique Noire est à l’origine des plus grandes civilisations antiques, ramenant tout ce qu’ils peuvent à l’Afrique (par exemple la ville de Paris serait, d’après eux, d’origine africaine !).

Aujourd’hui, ces thèses sont racistes. Mais il faut retourner un peu en arrière, il y a 50-100 ans. Un chercheur très respectable, Cheikh Anta Diop, vivant le racisme de l’époque (colonialisme, esclavagisme, humiliations, etc.), a voulu redonner de l’importance à la culture Noire. Mais au 19° siècle ce n’était pas choquant car les archéologues blancs de l’époque était eux aussi influencés par les théories raciales. Diop a joué le rôle de contre-balancier, en renversant le tout dans l’autre sens, c’est ce que l’on appelle l’afrocentrisme, une réaction tout à fait normale à l’époque. Là où il y a problème, c’est qu’il y a actuellement des gens qui ont repris les thèses de Diop, de manière beaucoup plus radicales, et en les dénaturants de leur contexte, alors que depuis 50 ans environ les égyptologues n’ont plus de raison d’être influencé et sont bien plus objectifs. Quand on leur parle, ils ne font référence qu’a des textes écrit par des Blancs il y a 100 à 150 ans, en pleine époque colonialiste, comme si c’était toujours les thèses développées maintenant.

Quels sont leurs arguments sur l’origine des Egyptiens anciens ?

"Noirs", ils (les Egyptiens anciens) l’étaient certainement, "brun-clair" pour être plus précis. Et il y avait sûrement des Noirs de type Centre-Afrique (actuelle). En réalité, tout dépend de l’interprétation que l’on fait de noir, car au sens propre il ne l’était pas [1], mais ils avaient une peau bien plus mate qu’un occidental, étant donné leurs origines africaines. Cependant, les gens d’Africamaat réfutent tout mélange, toute influence des régions plus au nord. Ce sont des sortes d’intégristes. Pour eux, les Egyptiens ne tirent leur origine que de l’Afrique, ce qui ne peut être que faux : l’Égypte est en Afrique, à l’entrée du Proche-Orient et en contact avec la méditerranée. Sa population ne peut être qu’un mélange de civilisations, composée certes d’africains, mais aussi de moyen-orientaux par exemple (...).

Cependant les quelques représentations de pharaons, reines ou dieux peints en noir ne veulent pas dire que ces derniers étaient noirs, car un pharaon ou une reine est représenté en noir sur une scène et en ocre sur l’autre. Il s’agit d’une couleur symbolique représentant la fécondité (Osiris, Amon-Kamoutef ou Min sont en noir). Par exemple, La reine Ahmès -Néfertari, contrairement à la théorie diffusée par les africanistes, n’était pas noire. Ce qu’il présentent comme des représentations de la reines sont en fait des représentations des statues de la reine, qui comme celles de Toutankhamon étaient enduite de résine et bitume bruns symbolisant la renaissance après le mort : sur aucun relief de son vivant la reine n’est représenté en noir. Et quand un pharaon était noir, les égyptiens savaient faire la différence et le noter dans les textes. Par exemple le pharaon Piankhy.

Les égyptiens ne se désignaient pas comme des noirs (kmw), comme on le trouve encore trop souvent dit. Il étaient des kmtyw, c’est à dire "ceux de la noire" (un adjectifs nisbé substantivé pour ceux qui connaisse la langue égyptienne). La noire (kmt) est simplement le nom de l’Egypte en référence au limon fertile noir du Nil. : en fait, les Egyptiens ne vivaient que sur la fine bande de terre fertile du Nil, le reste n’était pas vraiment habité. Et justement cette fine terre était fertilisée par le limon du Nil, et mélangé à la terre du rivage, celui-ci donnait un résultat noir ou assez foncé. C’est pourquoi l’Egypte serait appelée "la Noire" pour désigner la bonne terre fertile de la vallée par opposition à l’ocre ou le rouge des déserts voisins (Nubie).

Ainsi, tout est question d’interprétation, OUI les Egyptiens étaient noirs, si l’ont considèrent comme noirs tous les peuples africains, jaune les peuples asiatiques et blancs les peuples occidentaux. Mais c’est faire là une grosse erreur : l’Egypte est un carrefour de civilisations, leur couleur de peau ne peut être que le résultat d’un mélange. NON l’Egypte n’est pas une civilisation d’origine occidentale, c’est évident. OUI les Egyptiens ont des origines africaines, mais pas seulement.

Enfin, pour ces derniers, les fresques murales découvertes dans les tombeaux des pharaons sont des faux.

2- Le site toutankharton est-il crédible ?

Permettez-moi tout d’abord de rigoler un bon coup après la lecture de leur article car en matière de contradictions et d’arguments à « 2 balles », le site toutankhaton est un cas d’école !

Cependant, compte tenu du lien réalisé entre le site et cet article, nous allons donc présenter à ceux qui découvrent pour la première fois la raison de notre position, quelques éléments prouvant notre certitude sur l’origine négro-africaine des Egyptiens anciens !

L’égyptologie est né dans un climat raciste

En 1824, date du déchiffrage des hiéroglyphes par Champollion, l’Europe sort tout juste du XVIIIème siècle, dit "siècle des Lumières". Les pensées et acquis philosophiques sont ouvertement racistes et de nombreuses théories tentant à démontrer l’infériorité intellectuelle et morale des Noirs véhiculées par les Hume, Hegel, Hugo, Renan, Gobineau, Cuvier, Kant, servent à justifier la traite européenne transatlantique. A cette époque, l’économie européenne repose donc majoritairement sur le commerce de captifs africains déportés aux Amériques.

Cependant, en plein commerce négrier, voilà que l’Europe découvre que le peuple à qui elle doit tous les éléments de la civilisation est en fait le peuple Noir ! C’est principalement cette vérité qui fut dure à admettre par tous les adeptes de la supériorité des races nordiques sur celle du sud. C’est encore cette théorie qui en toile de fond, fausse le débat car pour ces derniers, reconnaître l’origine africaine des Egyptiens anciens c’est avouer leur infériorité.

Aussi, pour masquer leur dérive idéologique, les opposants à la thèse africaine traitent les chercheurs africains de « racistes ». Voilà le résultat des intellectuels des « Lumières » qui à force de jouer avec le feu, on finit par faire brûler la conscience de l’homme blanc !

Voyons donc les faits !

Tous les témoignages des peuples non africains ayant vécu dans l’antiquité (Grecs, Arabes, Juifs, etc.) confirment l’origine africaine des Egyptiens anciens. C’est pour les avoir tous analysés que l’égyptologue français Gaston Maspero [2], conclu qu’ :

« Au témoignage presque unanime des historiens anciens, ils (les Egyptiens) appartiennent à une race africaine, qui d’abord établie en Éthiopie, sur le Nil moyen, serait descendue graduellement vers la mer en suivant le cours du fleuve ».

Par exemple, dans son commentaire de la Torah, le grand Rabbin Rachi nous a légué un texte explicite à propos des craintes d’Abraham et de sa femme lors de leur arrivée en Egypte. Ce passage est sans ambiguïté [3] :

"Que tu es belle. Mais nous arrivons maintenant chez un peuple d’hommes noirs, frères des Ethiopiens et qui n’a pas l’habitude de voir une femme belle, à la peau claire".

L’historien grec Hérodote, le célèbre père de l’Histoire, a visité l’Egypte au Vème siècle avant J.C. et nous a laissé un témoignage dit de témoin visuel [4] :

"En disant que cette colombe était noire, ils veulent faire entendre que la femme était égyptienne (...) Je l’avais conjecturé moi-même, pour la raison d’abord qu’ils ont la peau noire et les cheveux crépus".

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TAHARQA
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SHABAKA

Constatez-vous même les traits fin de ces deux pharaons. (yeux, nez...). Il s’agit ici des rois Nubiens

De même, il est tout à fait indiscutable que lorsque Diodore de Sicile parlait des Ethiopiens et des Egyptiens, il faisait allusion à une même population négro-africaine. Pourquoi ? Dans son livre III, il a lui-même noté un fait important :

"Les Ethiopiens (Nubiens) affirment que les Egyptiens sont des colons originaires de chez eux et que cette colonie fut conduite par Osiris".

Il est clair que pour tous les Grecs anciens, le mot Ethiopien (en grec Aithiopos), signifiait "peau brûlée", donc Nègre [5]. Diodore reprend à la lettre l’argument lui démontrant que les Egyptiens anciens étaient originaires d’Ethiopie, donc des Nègres de l’espèce de tous les naturels de l’Afrique. On peut raisonnablement penser que si les Egyptiens avaient été blancs, arabes, juifs, asiatiques ou autre, Diodore nous aurait fait remarquer immédiatement l’absurdité d’une telle déclaration, hors il ne l’a pas fait ! Cela prouve bien que ces deux peuples étaient effectivement noirs.

Le poète grec Euripide qu’il cite dans son "Livre I", à propos de l’origine de la crue du Nil, a lui établit un lien direct entre le climat chaud et la peau noire des Éthiopiens.

Qui plus est, la Divinité africaine, Osiris, que cite Diodore était appelé "Km Wr" (lire Kem Wour) à savoir le "Grand Nègre", dans les livres sacrés égyptiens (Kem, Kam = noir, nègre). Comme nous le rappelle Plutarque dans son Traité d’Isis et Osiris et bien après lui, le professeur Sarwat Anis Al-Assiouty, la particularité d’Osiris en tant que divinité originaire du sud, était d’avoir la peau noirâtre [6] :

"Le teint des hommes, en Haute Egypte, brûlé par le soleil, varie du brun jusqu’au noirâtre, au fur et à mesure que l’on s’enfonce de plus en plus dans le sud. C’est ce teint noirâtre qui distingue Osiris dans les Textes des Pyramides et dans les anciens monuments et papyrus d’Egypte et qui restera sa couleur jusqu’aux premiers siècles chrétiens. Au cours des IIème et Ier avant J. C., les invasions étrangères, par des hommes au tient clair, viendront du nord. Aussi, Seth, le Mauvais, l’ennemi d’Osiris, est représenté comme un dieux roux et le restera jusqu’au début de notre ère".

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EXTRAIT D’UN ARTICLE SUR NARMER
Revue d’égyptologie

L’historien ancien d’ascendance arabe, dit Mas Udi, ne contredit d’ailleurs pas ces déclarations en affirmant [7] :

"Quant aux fils de Cham (Cham étant symboliquement le fils noir de Noé), ils s’établirent dans les pays du sud (...) Le premier qui s’établit en Egypte fut Misr, fils de Bayar, fils de Cham, fils de Noé (...) Les souverains et les peuples étrangers redoutaient les Egyptiens et se gardaient de les avoir pour ennemis".

Enfin le célèbre dessinateur français, Dominique Vivant Denon, chargé des saisir sur le papier les vestiges de l’Egypte lors de l’expédition de Bonaprte, nous a livré son intime conviction de spécialiste :

"Quant au caractère de leur figure humaine (les Egyptiens) , n’empruntant rien aux autres nations, ils ont copié leur propre nature, qui est plus gracieuse que belle.(...) en tout,le caractère africain ,dont le nègre est la charge et peut-être le principe".

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Références bibliographiques:

[1] A force de mentir, on finit par s’embrouiller dans ses propres contradictions

[2] Cf. G. Maspéro, Histoire ancienne des peuples de l’orient

[3] Cf. Rachi, Génèse XII, 11- Les Secrets de l’exode - Messod et Roger Sabbah, éd. J. Cyrille Godefroy, 2000

[4] Cf. Livre II - Hérodote - éd. Les belles lettres

[5] aithô = brûler ; ops = visage - Aithiopéia = Pays des Nègres

[6] Cf. Origines égyptiennes du christianisme et de l’islam, Sawat Anis el Assiouty - éd. Letouzet & Anet, 1989

[7] Cf. Les prairies d’or

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