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par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com

 Publié le 10 juillet 2007

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Les sources africaines de la comptabilité moderne.

Un papyrus égyptien dit Boulaq 18, relance le débat sur l’invention de la comptabilité. Article extrait du n°2 d’Afrik@raïbes mag.

Les sources africaines de la comptabilité moderne.

Les Italiens sont généralement présentés comme étant les inventeurs de la comptabilité moderne, tels Amatino Manucci, qui fut associé dans une entreprise marchande de Florence vers le XIVème siècle et dont on dit que ses grands livres contenaient déjà un système de comptabilité en partie double et Luca Pacioli dont le traité de comptabilité dit Tractatus XI particularis de computus et scripturis publié en 1494, fait autorité.

Ainsi, Luca Pacioli est officiellement reconnu comme étant le père de la comptabilité en partie double (Recettes & Dépenses). On sait enfin que dès le XIVème siècle, Francesco de Marco Datini et les Masari de Gêne, tenaient déjà des registres comptables dans lesquels apparaissent les "Pertes & Profits".

Cependant, l’examen de certains papyrus égyptiens nous invite à revoir aujourd’hui nos copies car la gestion des divers temples et domaines a conduit les Africains anciens à développer très tôt, leur propre système de gestion.

Le papyrus Harris I rédigé à l’époque de Ramsès II, nous apprend par exemple, que le domaine d’Amon disposait de près de 2 000 Km² de champs cultivés. Le personnel employé a son entretien (prêtres, scribes, paysans, serviteurs...) se chiffrait à 80 000 personnes et l’équipe administrative du domaine gérait environ 400 000 têtes de bétail, les tributs des pays étrangers, les impôts, les cultes religieux, etc...

Rien d’étonnant à ce que le principe même de la déclaration des revenus soit aussi d’origine africaine. Et à propos de son introduction à Athènes, l’historien grec Hérodote nous dit ceci : « Voici encore une loi que l’Egypte doit (au pharaon) Amasis (570-526 avant J. C.) : "Chaque année, tout égyptien doit déclarer au monarque ses moyens d’existence (...) Solon l’Athénien a pris cette mesure à l’Egypte et l’a imposée à ses concitoyens : elle est toujours en vigueur chez eux, car elle est excellente ".

Mais c’est surtout le papyrus Boulaq 18 qui nous confirme que la comptabilité avec méthode "Pertes & Profits" et "Débit & Crédit", a véritablement fait sa première apparition en Afrique noire. [1].

Le professeur Antony Spalinger s’est intéressé dès 1985 aux livres de comptes qui figurent sur ce document vieux de plus de 3 700 ans. [2]. Que découvre-t-on ?

En fait, les comptables africains de l’Egypte ancienne, maîtrisaient parfaitement la comptabilité à partie double avec "Recettes & Dépenses", sans oublier la "Gestion des stocks".

Sont mentionnés, les "Reports à nouveau" de la période précédente, le revenu total par type de produit, les divers postes de recettes et dépenses sans oublier l’équilibre budgétaire permettant d’établir les soldes.

Le dictionnaire hiéroglyphique Gardiner, en traduisant une partie des bilans et comptes résultats du papyrus Boulaq 18 (illustration ci-dessous), montre que le vocabulaire comptable était donc particulièrement développé pour l’époque.

Par conséquent, il est préférable de commencer à reconnaître, sur la base de ces nouveaux documents, l’origine africaine de la comptabilité moderne.

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Références bibliographiques:

[1] Cf. Auguste Mariette-Bey, les papyrus égyptiens du musée de Boulaq, fac-similé, tome II, Paris 1872, Pl. 28

[2] Cf. "Notes on the day summary accounts of papyrus Boulaq 18 and intradepertemantal tranfers in Studien Zur Altagypischen Kultur" - Band 12, 1985, page 186

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