Vous êtes ici: Accueil » Antiquité africaine
par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com
Son dernier article: Découvrez le stand Edilac/Menaibuc (...)
Les sources africaines de la comptabilité moderne.
Un papyrus égyptien dit Boulaq 18, relance le débat sur l’invention de la comptabilité. Article extrait du n°2 d’Afrik@raïbes mag.
Les Italiens sont généralement présentés comme étant les inventeurs de la comptabilité moderne, tels Amatino Manucci, qui fut associé dans une entreprise marchande de Florence vers le XIVème siècle et dont on dit que ses grands livres contenaient déjà un système de comptabilité en partie double et Luca Pacioli dont le traité de comptabilité dit Tractatus XI particularis de computus et scripturis publié en 1494, fait autorité.
Ainsi, Luca Pacioli est officiellement reconnu comme étant le père de la comptabilité en partie double (Recettes & Dépenses). On sait enfin que dès le XIVème siècle, Francesco de Marco Datini et les Masari de Gêne, tenaient déjà des registres comptables dans lesquels apparaissent les "Pertes & Profits".
Cependant, l’examen de certains papyrus égyptiens nous invite à revoir aujourd’hui nos copies car la gestion des divers temples et domaines a conduit les Africains anciens à développer très tôt, leur propre système de gestion.
Le papyrus Harris I rédigé à l’époque de Ramsès II, nous apprend par exemple, que le domaine d’Amon disposait de près de 2 000 Km² de champs cultivés. Le personnel employé a son entretien (prêtres, scribes, paysans, serviteurs...) se chiffrait à 80 000 personnes et l’équipe administrative du domaine gérait environ 400 000 têtes de bétail, les tributs des pays étrangers, les impôts, les cultes religieux, etc...
Rien d’étonnant à ce que le principe même de la déclaration des revenus soit aussi d’origine africaine. Et à propos de son introduction à Athènes, l’historien grec Hérodote nous dit ceci : « Voici encore une loi que l’Egypte doit (au pharaon) Amasis (570-526 avant J. C.) : "Chaque année, tout égyptien doit déclarer au monarque ses moyens d’existence (...) Solon l’Athénien a pris cette mesure à l’Egypte et l’a imposée à ses concitoyens : elle est toujours en vigueur chez eux, car elle est excellente ".
Mais c’est surtout le papyrus Boulaq 18 qui nous confirme que la comptabilité avec méthode "Pertes & Profits" et "Débit & Crédit", a véritablement fait sa première apparition en Afrique noire. [1].

Le professeur Antony Spalinger s’est intéressé dès 1985 aux livres de comptes qui figurent sur ce document vieux de plus de 3 700 ans. [2]. Que découvre-t-on ?
En fait, les comptables africains de l’Egypte ancienne, maîtrisaient parfaitement la comptabilité à partie double avec "Recettes & Dépenses", sans oublier la "Gestion des stocks".
Sont mentionnés, les "Reports à nouveau" de la période précédente, le revenu total par type de produit, les divers postes de recettes et dépenses sans oublier l’équilibre budgétaire permettant d’établir les soldes.
Le dictionnaire hiéroglyphique Gardiner, en traduisant une partie des bilans et comptes résultats du papyrus Boulaq 18 (illustration ci-dessous), montre que le vocabulaire comptable était donc particulièrement développé pour l’époque.
Par conséquent, il est préférable de commencer à reconnaître, sur la base de ces nouveaux documents, l’origine africaine de la comptabilité moderne.

[1] Cf. Auguste Mariette-Bey, les papyrus égyptiens du musée de Boulaq, fac-similé, tome II, Paris 1872, Pl. 28
[2] Cf. "Notes on the day summary accounts of papyrus Boulaq 18 and intradepertemantal tranfers in Studien Zur Altagypischen Kultur" - Band 12, 1985, page 186
Commentaires
- 26/04/2009 15:57 par Serge BIRACH
- 24/04/2009 14:22 par Serge
- 24/04/2009 13:36 par Omotunde Hery
- 26/01/2009 14:07 par Um Nyobè
- 25/01/2009 23:15 par Omotunde
- 25/01/2009 21:55 par anti système
- 24/01/2009 19:00 par Benoît
- 21/10/2008 10:07 par Djéser-Netchery
- 22/04/2008 21:46 par Shokaz
- 29/02/2008 13:46 par duduche19
Dans la rubrique Multimedia
Articles
Dans la même rubrique

L’Afrique : véritable berceau des sciences mathématiques plébiscité par le journal Le Monde
Les MEDU NETER (Hiéroglyphes) : Leçon 2
Le JDN Sciencies confirme notre thèse sur l’invention des mathématiques en Afrique
Égypte : Découverte de trois manuscrits Coptes du VIème siècle
Le placenta, la chrysalide et le cocon
Du même auteur

Le "miracle Grec" de Thalès est une vaste escroquerie intellectuelle.
Ramsès 2 : un digne fils de l’Afrique noire
Complément d’information sur l’origine africaine de la monnaie
Georges Nicolo : un grand savant Noir honoré dans sa ville natale, le Gosier.
L’Afrique Vaincra : Libre échange avec Senfo Tonkam



